Quoi vous avez répondu

Coin Littérature

Samedi 21 mars 2009
Retrouvés dans les restes de mes textes non finis et que je n'ai pas le courage de finir, voici la suite de l'histoire que j'avais commencé d'écrire en septembre 2008 : La Larme Je vous poste ici le deuxième chapitre que j'avais écrit, et le chapitre censé être le dernier de l'histoire. En effet j'avais voulu écrire le dernier chapitre afin de savoir où je m'aventurais. Maintenant que je ne pense pas revenir sur cette histoire, je poste donc ces deux chapitres inachevés. Il y aura donc des choses que vous ne pourrez comprendre dans ce qui se passe, et je ne tiens pas à expliquer ce qui se passe entre les deux chapitres.
Sur ce, bonne lecture...



Chapitre 2 : Mauvaises heures


 

Étendu sur son lit, les yeux dans le vague, il attendait. Un livre avait été posé sur la table de chevet, la télécommande de la télévision dessus. Un verre d’eau, une lampe. Des motifs de toutes les couleurs ornaient sa couette. A sa droite, le mur donnant sur la salle de bain et les toilettes. Une salle qu’il ne pouvait pas visiter très souvent du fait de son immobilité causée par sa maladie. Il faisait ses besoins grâce à un système installé sous le matelas du lit. Sa toilette était faite quotidiennement par Estrolza. Au milieu de la salle, un tapis rond qui ne servait pas à grand chose si ce n’est à combler le vide de cette zone de la pièce minuscule.

De l’autre côté, la porte donnant sur le reste de l’hôpital… et sur le reste du monde. Cette porte avait fait l’objet, il y a quelques années, d’un changement : la porte battante avait  été remplacée par une porte plus traditionnelle ; il en ignorait la raison. La télé trônait à côté de celle-ci, telle une statue éternelle s’animant par intermittence mais ne quittant jamais son siège. Celle-ci ne captait pas les grandes chaînes… les médecins lui avaient expliqué que c’était à cause des montagnes qui gênaient la transmission. Ils lui avaient promis la TNT prochainement, mais ne savaient pas exactement quand s’en occuper.

Enfin, à sa gauche, les bibliothèques. On lui avait déménagé ses centaines de livres de chez lui jusqu’à sa chambre d’hôpital. Ces livres qu’il lisait, dans le passé, pour son plaisir, mais qu’il était obligé, aujourd’hui, de lire pour passer le temps. Il ne pouvait pas demander à s’en procurer d’autres, les médecins ne voulaient pas en entendre parler : c’était déjà une grosse concessions de faite de lui avoir permis de ramener sa bibliothèque ici. Et finalement, à côté des meubles : la porte-fenêtre… sans poignée.

Sans poignée.

 

Dehors, le temps s’obscurcissait. Des nuages noirs s’amoncelaient au loin, au-dessus des montagnes. Il s’attendait à voir tomber les premières gouttes d’ici quelques heures.

Mais pour l’instant, en plus d’attendre, il écoutait. Les trois médecins chargés de son observation et de son suivi médical se tenaient en face de lui. La mine sombre de tous les jours, ils baissaient tous trois la tête. Mais comme pour contredire leur état apparemment affligé de tous les jours, ils parlaient du quotidien de l’hôpital, de leurs découvertes, de tout et surtout de rien. Il s’attendait à tout moment, et comme tous les jours, à ce qu’ils lui annoncent une mauvaise nouvelle… Mais comme à leur habitude, une fois la “discussion” terminée, ils sortirent un par un de la chambre en disant « Au revoir Monsieur B. – Bonne journée Monsieur B. – A tout à l’heure Monsieur B. » En sortant, le dernier médecin avait la fâcheuse habitude de claquer le porte en affichant un grand sourire. Aujourd’hui cependant, il claqua simplement la porte.

 

...


Comment va-t-il l’accueillir ? Un mois déjà ! Ça femme devrait passer le pas de la porte d'ici quelques minutes. Son cœur bas fort dans sa poitrine. Comme à son habitude... Comme s'il s'attendait à chaque fois à faire connaissance avec une nouvelle personne. Mais c'est sa femme. Il cherche alors des sujets de discussion : il déteste les longs blancs durant lesquels sa femme le regarde lamentablement. Il préférerait la prendre dans ses bras, mais il n'en a pas la force. Il se contente alors de lui dire qu'il l'aime, et comme à chaque fois, elle lui répondra « Moi aussi mon chéri, je t'aime. » Mais le ton sera faux. C'est une habitude. Il sait bien qu'elle lui ment. Il sait qu'elle doit avoir un amant... si ce n'est un autre mari. Mais il ne lui en veut pas : elle fait déjà l'effort de venir lui rendre visite de temps en temps, et ça, il ne sait comment l'en remercier. Les visites quotidiennes de sa femme sont les seules choses qui le raccrochent à la vie.

Soudain, derrière la porte de sa chambre, des cris se font entendre : des cris de femme. La porte s'entrouvre, puis se referme. Il n'a pu voir qui se trouvait derrière. Des bruits. Un combat ? Il aimerait savoir... mais il en ai incapable. Ses jambes immobiles refusent de lui répondre. Il attend ainsi 5 minutes. Au bout d'un moment, un des trois médecins rentre dans la chambre : « Excusez-nous pour le remue-ménage Monsieur B., mais l'une de nos patiente s'était échappée : elle fait partie du service des retardés mentaux, elle était un peu perdue dans les couloirs et a voulue rentrer dans votre chambre. Mais ne vous inquiétez plus, nous l'avons remise dans sa chambre. Au revoir Monsieur B. »

Une arriérée avait voulu rentrer dans sa chambre ? Quel genre d'hôpital était-ce là ? Ces personnes étaient généralement prises en charge par des organismes spécialisés. Il semblait qu'ici, tout sortes de personnes soient prises en charge : il avait déjà entendu parler d'un service de cure de désintoxication et d'un centre de rééducation. Ça devait être un grand hôpital. Cela lui donnait espoir d'être guéri un jour : se dire que de grands médecins étaient en train de chercher une solution à son problème... Malgré le fait qu'il ne plaçait aucune confiance dans ses médecins et qu'il désespérait de se dire qu'il attendait déjà depuis 6 ans dans ce lit d'hôpital sans aucun résultat concluant.

 

[...]

 

 

Chapitre dernier : Retrouvailles

 

 

 

Ils lui avaient promis qu’il le reverrait. Son fils allait arriver d’une minute à l’autre. Vont-ils se reconnaître ? Comment vont-ils réagir ? Ce fils qu’il n’a pas vu depuis 5 ans. Il est 18 heures. Il fait encore jour et le soleil tape sur la vitre. Dehors, la chaîne de montagne et la forêt sont toujours là. Toujours les mêmes depuis 6 ans. Son fils, lui, a sûrement grandi. Il doit avoir 11 ans. Il a dû les fêter il y a 1 mois dans sa famille d’accueil.

 

La porte s’ouvre. Son fils rentre.

La visite aura durée 2 heures. Son fils a bien grandi. C’est un jeune homme maintenant. Sa rentrée au collège se fait demain. Il rentre en sixième.

 

Sur le balcon, de l’autre côté de la vitre, un petit rouge-gorge se pose. Alors lui revient en tête un « Tsii » mélodique. Il l’a déjà entendu. Il y a un peu plus de 6 mois. Il pense que les petits ont quitté leurs parents… Tout comme son fils qui vient de passer la porte. Il regarde l’oiseau. L’oiseau le regarde. L’échange dure. Mais plus il dure, plus une pensée désagréable s’insurge dans son esprit… Cet oiseau n’est pas celui qu’il avait vu plusieurs mois auparavant… ce n’est pas non plus l’un de ses petits. Cet oiseau est un imposteur. Il le ressent ainsi. Et alors une seconde pensée, toute aussi révoltante, apparaît : son fils… n’est pas le vrai. Idée absurde. Les médecins ont prouvé leur honnêteté. L’infirmière a été renvoyée. Pourquoi ce fils serait un menteur ? Absurde.

Alors qu’il pense à tout ça, ses paupières se ferment. Il se voit alors encore pour plusieurs années dans cet hôpital. Les médecins faisant tout ce qu’ils peuvent pour le soigner. Et peut-être qu’un jour, il sortira. Alors peut-être qu’il pourra jouer de nouveau avec son fils. Le voir grandir. Demain c’est la rentrée. Il rentrera au collège. Mais il ne pourra pas le voir. Ses paupières sont fermées. Il fait nuit. Il se voit mort d’ici quelques années… Il arrête d’y penser. Il ne veut pas. Il veut vivre. Et les médecins vont l’y aider.

Imposture.


Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés